L’abattage d’un loup autorisé en Savoie

Publié le par Luuna

L’abattage d’un loup autorisé en Savoie

Un dispositif a été mis en place depuis le 13 août. Cinq tireurs armés de carabines sont à l’affût sur le secteur de Montsapey (Maurienne). La traque doit durer trois semaines mais cessera sur le champ si un loup est abattu. L’opération de « prélèvement » doit s’achever le 03 septembre. Mais cette mesure ne parvient pas à convaincre les bergers...

 

Pour Luc Etellin, l’éleveur victime du carnage du 19 juillet, ce dispositif n’est pas adapté à la situation sur le terrain. Il dénonce également un manque de moyens mis en œuvre pour combattre le loup. La mesure fait suite à l’attaque d’un troupeau dans les alpages de Montsapey, en Maurienne, cet été :

Pour l’instant, on ne peut pas dire que ce sont effectivement des loups qui ont poussé les bêtes à fuir et à se dérocher

19 juillet - Une brebis a été mangée dans la nuit de vendredi à samedi à Montsapey, en Savoie, 2 jours après que 478 brebis du même cheptel se sont jetées dans le vide. Un ou des loups sont soupçonnés, même s’ils n’ont pas été vus. Les chiens sont en alerte depuis plusieurs nuits.

Montsapey recherche le coupable et soupçonne un ou des loups. Alors que 478 brebis, représentant environ la moitié d’un troupeau en estive à Montsapey, en Savoie, ont trouvé la mort jeudi en sautant une barre rocheuse, une brebis du même cheptel a été mangée dans la nuit de vendredi à samedi. « Malgré le regroupement des bêtes rescapées dans un parc électrifié et toujours placé sous la protection des chiens Patou, l’une d’entre elle a été attrapée », a déclaré le président du syndicat ovin de Savoie, qui était sur place samedi après-midi.

Selon un premier comptage, la plupart des bêtes du troupeau en estive qui se sont précipitées dans le vide, « souffrant de blessures importantes, ont du être euthanasiées ». Les corps étaient extraits par hélicoptère depuis la découverte de l’accident. Si « pour l’instant, on ne peut pas dire que ce sont effectivement des loups qui ont poussé les bêtes à fuir et à se dérocher », selon le président du syndicat ovin de Savoie qui décrit « un charnier », « depuis une semaine, des loups tournaient autour du troupeau pour l’affoler (...) c’est une technique des loups en chasse, ils entourent les bêtes, les affolent pour que l’une, ou plusieurs sortent du troupeau ».

Pour l’adjoint au maire de Montsapey aussi, il s’agit « certainement » des loups. Il a raconté que les brebis « étaient parties sur les pâturages » mais qu’elles « sont revenues sur leurs pas car elles ont dû être effrayées par un ou des loups certainement, puisque les chiens étaient en alerte depuis quelques nuits ».

Selon le secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles, « deux des quatre chiens de race Patou qui gardaient les bêtes ont été blessés, alors qu’ils défendaient leur troupeau, ce qui confirmerait une attaque de grand canidé, avant que le troupeau s’affole ».

La clôture, efficace ?

Pour Laurent Garde du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM) : L’efficacité est réelle, mais partielle. Trois cas d’échec sont recensés :

- Le loup franchit la clôture (état de la clôture ou de l’électrification, comportement particulier d’un loup) ;
- Le loup affole le troupeau et l’incite à rompre la clôture ; comportement bien connu en parc de nuit ;
- Le berger n’est pas en mesure de regrouper la totalité du troupeau (mauvaises conditions climatiques notamment) et la prédation se porte sur un lot de bêtes hors clôture. »

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