Luuna, une louve en liberté...

A propos de la sortie de "survivre avec les loups"
jeudi 31 janvier 2008, par Serge Aroles
On m’a interrogé à propos de la sortie du film "Survivre avec les loups", tiré du best seller de Misha Defonseca. A leurs détracteurs, l’auteur et ses défenseurs répondent que d’autres fillettes ont vécu avec les loups : les
célèbres indiennes Amala et Kamala. Or, je suis le premier à avoir exhumé les archives relatives à cette célébrissime histoire d’enfant-loup (Inde, 1920), qui a été validée dans des milliers de
publications sans que quiconque se fût rendu en Inde pour enquêter : il s’agit d’une escroquerie monumentale.
Attendu que je suis chirurgien et le premier à avoir enquêté sur les enfants-loups en allant sur le terrain pour ouvrir les archives (seules souveraines pour connaître la vérité), un journaliste britannique m’a questionné à propos d’un enfant découvert, ce mois de décembre 2007, " parmi des loups " dans une lointaine aire de Sibérie. Ma réponse fut sans appel : l’examen des pieds de cet "enfant-loup" objective bien que ce pauvre garçon (déficient mental et vagabond) a toujours porté des chaussures !
A la vérité, Kamala était une fillette déficiente mentale (affectée d’un syndrome de Rett) qu’un escroc, Singh, frappait à coups de bâton afin qu’elle marchât à quatre pattes devant ses visiteurs : " Attention ! C’est la fille élevée par des loups ! Elle est féroce !" Devant l’évidence des documents d’archives que j’ai exhumés, nombre d’enseignants et d’auteurs ont désormais totalement reconsidéré leurs cours ou leurs textes à ce sujet.
L’exubérante fiction de Misha Defonseca reprend tous les habituels clichés surréalistes, que la science et les archives ont détruit sans recours
chaque fois que j’ai enquêté sur un cas d’enfant-loup :
cette fillette partage la vie d’une
meute (6 adultes, 4 louveteaux), car elle se fait des compagnons lupins en modulant le hurlement du loup ;
ses dents (de 9 ans), oui, ses
dents, non ses mains, déchirent la peau d’un lièvre et croquent les os du gibier (essayez donc, fût-ce même avec des dents d’adultes) ;
sa langue lape l’eau avec efficience
(là encore, essayez donc) ;
elle apaise les loups mâles
menaçants en se jetant " aussitôt sur le dos " et en geignant " comme les louveteaux " ;
ses blessures guérissent par la
vertu de la salive (à la vérité : surinfectée !) de toute la meute venue lécher ses meurtrissures, etc., etc., etc.
Mais il est une invention de Misha Defonseca dont la démesure est inégalée ; une fable que je n’ai jamais rencontrée dans un historique de sept siècles (1304 - 1954) : lors d’un " jour exceptionnel ", tous les loups de la meute partent chasser en lui laissant la garde des louveteaux, dont l’un même est blessé, ce qui, selon l’auteur, témoigne de la haute considération qu’ils avaient pour elle...
Paradoxalement, dans mon ouvrage sur ce sujet, j’ai donné une explication scientifique irréfutable au phénomène des enfants-loups : dans l’histoire de l’humanité, ce furent exclusivement des nourrissonslouve solitaire en état de pseudogestation ("grossesse nerveuse"). La louve les allaite et les défend, mais leur espérance de vie est comptée ; ils ne seront jamais Mowgli. recueillis par une
Un cas présentant une certaine authenticité - un jeune garçon grièvement brûlé lors de l’enfumage de sa tanière, en 1872 - est contemporain de famines majeures : lors, en faisant expirer les parents par millions et en multipliant le nombre d’enfants en état d’abandon, des drames d’une telle ampleur, à l’exemple des guerres, ont favorisé cette potentialité, car l’adoption d’un nourrisson par une louve en état de pseudogestation est un accident statistique relevant de la loi des grands nombres.
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